Autopsie, significations et symboliques du roman «Le médecin aliéné¹»: une herméneutique

La pensée du cercle dans LE MÉDECIN ALIÉNÉ | COMME DANS L’AVION

«La nuit, j’ai encore la peur des loups — Le cauchemar de Plaute». Plaute, auteur latin antique de théâtre, a écrit «L’homme est un loup pour l’homme, et non un homme, quand il ne le connaît pas.» (Lupus est homo homini, non homo, quom qualis sit non novit). Alors que Plaute est auteur comique le jour, le médecin aliéné lui prête dans cette épigraphe de son cru un cauchemar nocturne, la peur des loups, c’est-à-dire de l’homme.


«Il faisait un soleil de radium qui se réfléchissait sur les aiguilles des cristaux de neige cotonneuse.» Le radium est un élément hautement radioactif qui brille dans le noir.


«Devant moi, il y avait le mur de ma maison, celle de mon enfance. Les fondations en béton, en s’élevant, laissaient la place aux briques rouges, couchées sur leur longueur et séparées par un bourrelet irrégulier de mortier gris durci.» Nous retrouvons dans ce chapitre le thème de l’enfance comme refuge psychique et du père-solaire salvateur (le cauchemar survient alors que le soleil est caché derrière les nuages). La maison d’enfance du médecin aliéné est ici figure solide et résistante, une fondation architecturale, mais aussi symbole de stabilité originelle.


«Rien ne bougeait, sauf les muscles de ma cage thoracique». La cage thoracique est un motif dans Le médecin aliéné. Elle signale l’emprisonnement intérieur, le confinement auquel on ne peut échapper.


«Les oiseaux d’hiver piquaient d’affolement». Cet affolement des oiseaux est une allégorie du climat de peur et de panique du chapitre.


«Mes yeux se sont fixés sur l’orée de cette forêt. Elle ressemblait à une grande pupille noire. Il m’a semblé que quelque chose approchait de cette ouverture par l’intérieur.» Ce quelque chose à l’intérieur (le loup qui en surgira), vu par la grande pupille, est l’allégorie de la psychose paranoïde, effrayante et persistante, celle que redoute le médecin aliéné.


«Il y avait soudain devant la forêt des traces. Des tas de traces.» Comme les traces d’une meute de loups, d’une foule ou, métaphoriquement, du passé.


«Une cage thoracique de chevreuil gisait entourée de taches de sang dans la neige, fraîche encre de mort.» La cage thoracique du chevreuil: autre effet d’emprisonnement. Pris au piège, le chevreuil n’a pas pu échapper au loup, sort qui menace le médecin aliéné.


«Je grimpais sans arrêt, interminablement, le long du mur de briques rouges.» L’échelle infinie est l’allégorie du doute hyperbolique dans lequel s’embourbe en spirale le médecin aliéné.


«J’ai perdu l’équilibre.» Allégorie de la folie.


«Plus rien d’autre n’existait.» Le doute hyperbolique à son apogée.


«Épuisé, je me suis résigné à abandonner. À me rendre à ses crocs ou à me jeter dans le vide.» Rappel du cauchemar (tomber dans le vide) au chapitre 1002E, 1003E, 1004E NUITS, et du saut dans le vide (avant l’ouverture du parachute) au chapitre LE DOUTE HYPERBOLIQUE.


«Papa! ai-je dit, la parole retrouvée, devant les fondations de la maison de mon enfance.» Le père, figure rassurante de confiance dans cet état de perte extrême de repères, vient chercher son fils comme un géant, lui redonne un repère fondamental et de la lumière dans l’obscurité du doute absolu.


«Dans ma poitrine, illuminée par la voix de mon père, un soleil de confiance s’est soudain enflammé.» Nouvelle occurrence de la figure solaire du père.


«L’avion montait, montait, sans aucune turbulence.» Le calme rassurant après l’affolement du cauchemar, de la psychose.


«J’ai eu l’impression que nous allions nous rendre jusqu’à la lune.» Rappelle le conte du père de l’auteur (La lune de miel), dans lequel le soleil, par ses rayons, s’élève pour donner à boire et réparer la lune endommagée par l’impact d’une étoile filante.

2 réponses

  1. […] «[C]omme une meute de loups après le cri à la pleine lune du mâle dominant.» Le groupe se soumet naturellement au plus fort, comme les loups. Cette affirmation rappelle que «le dictateur est toujours dans la tête», comme mentionné au chapitre LE RÈGNE DE LA PEUR MULTIFORME, et rappelle le cauchemar de Plaute au chapitre COMME DANS L’AVION. […]

  2. […] rappelant celui d’Helios. Voir l’autre manifestation solaire du père dans le chapitre COMME DANS L’AVION et la place du soleil dans le conte pour enfants crée par le père-démiurge du médecin aliéné […]

Laisser un commentaire

En savoir plus sur La pensée du cercle dans LE MÉDECIN ALIÉNÉ

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture